Budget 2022 : baisse du déficit de 8.4% à 4.8%, dette publique en baisse de 116% à 144% du PIB, sur fond de polémiques
Les élections approchent. Les querelles budgétaires s’amplifient, alors qu’après avoir dépassé les 700 milliards d’euros d’encours durant la crise sanitaire, une rude bataille de joutes verbales prend de l’ampleur pour quelques dizaines de milliards d’euros. Retour au monde d’avant, la crise sanitaire semble bien être terminée.
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Vers une normalisation des finances publiques en 2022
Si 2020 et 2021 ont été marquées par l’impact majeur des mesures d’urgence sur le solde public, (69,7 milliards d’euros en 2020 et 63,7 milliards en 2021 auxquels s’ajoute le plan de relance pour un impact de 21,7 milliards en 2021) le projet de loi de finances 2022 illustre une normalisation progressive des finances publiques, en dépenses et en recettes. Le déficit public devrait, en effet, diminuer de l’ordre de 3,5 points de PIB, passant de -8,4 % en 2021 à -4,8 % du PIB en 2022. Un déficit public qui serait donc presque divisé par deux par rapport à 2020.
Les promesses fiscales d’@EmmanuelMacron sont tenues : suppression de la taxe d’habitation et baisse de l’impôt sur le revenu. C’est plus de 50 milliards € d’impôts qui sont restés entre les mains des Français sur le quinquennat. pic.twitter.com/zfTi5LYwt4 — Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) September 21, 2021
Un projet de loi de finances 2022 sans mesure d’ampleur
Sans surprise, année de l’élection présidentielle oblige, le projet de loi de finances 2022, dont les principales mesures pour les particuliers sont détaillées, ne propose aucune mesure majeure. Plutôt évidemment favorable aux Français, ce projet de loi ne prévoir ni hausse de la fiscalité, ni revirement pour la suppression de la taxe d’habitation, ou encore de mesures sur l’assurance-vie, les placements ou autres détention de stocks d’or.
Des querelles de chiffres, comme toujours
En France, nous n’avons ni pétrole, ni gestion financière rigoureuse, mais une foultitude d’experts budgétaires. Nous ne relaierons pas les échos de ces polémiques budgétaires, car sans intérêt. Comme durant la crise sanitaire, si chaque membre d’un réseau social était un expert en virologie, et avait un avis très établi sur les procédures à mettre ou à ne pas mettre en place, pour le budget de l’Etat, il en va de même. Du plus pessimiste au plus optimiste, la richesse est bien dans la différence.
Trajectoire des finances publiques
En % de PIB
2018
2019
2020
2021
2022 (e)
Déficit public
-2,3
-3,1
-9,1
-8,4
-4,8
Croissance volume de la dépense publique (hors CI)
-0,9
1,9
6,6
3,4
-3,5
Taux de prélèvements obligatoires
44,7
43,8
44,5
43,7
43,5
Taux de dépenses publiques (hors CI)
54
53,8
60,8
59,9
55,6
Dette publique
97,8
97,5
115
115,6
114
Les recettes de l’État en hausse en 2022
Dans le contexte de crise sanitaire, les recettes prévues de l’État devraient bénéficier du rebond de l’activité en 2021-2022. Ainsi, les recettes fiscales nettes pour 2021 s’établiraient à 278,6 milliards d’euros, en hausse de 20,7 milliards d’euros par rapport à la prévision de la loi de finances initiale (LFI) 2021 et de 19,6 milliards d’euros par rapport à la loi de finances rectificative 1 (LFR1).
En 2022, les recettes de l’État devraient poursuivre leur croissance grâce à la normalisation de la situation économique. Dans le détail, les recettes fiscales nettes s’établiraient à 292 milliards d’euros, avec une nouvelle hausse de 13,4 milliards d’euros par rapport à 2021, principalement portées par l’impôt sur le revenu (+5,3 milliards d’euros), la TVA (+5,1 milliards d’euros) et l’impôt sur les sociétés (+3,1 milliards d’euros).
Sous ce double effet de ralentissement de la dépense et de dynamique des recettes, le solde budgétaire pourrait quant à lui sensiblement s’améliorer en 2022. Par rapport à la prévision de solde 2021, qui s’établirait à - 197,4 milliards d’euros en 2021, en dégradation de 24,1 milliards d’euros par rapport à la prévision de la LFI pour 2021 du fait de la consommation des reports de crédits sur la mission « Plan d’urgence face à la crise sanitaire », le solde budgétaire serait en amélioration de +54,0 milliards d’euros, à – 143,4 milliards d’euros.
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