Fraude 1,9 milliard de Wirecard : la rigueur des superviseurs allemands ne reposait que sur leur réputation
L’autorité fédérale de supervision financière allemande (BaFin) a connu des défaillances qui ont rendu possible la gigantesque fraude comptable de la société de paiement Wirecard, a relevé mardi dans un rapport le superviseur européen de la finance.
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Wirecard : le régulateur européen relève des défaillances des superviseurs allemands
Demandé en juin par la Commission européenne, ce rapport met en lumière le risque de possibles "conflits d’intérêts" des employés de la BaFin vis-à-vis des entreprises, car l’institution "manque d’informations sur les actions détenues par ses employés", selon l’Autorité européenne des marchés financiers . Les conclusions de cette enquête, centrée uniquement sur le cas Wirecard, notent "des rapports très fréquents et détaillés de la BaFin au ministère des Finances allemand, entraînant un risque accru d’influence de la BaFin" par son ministère de tutelle, a souligné au cours d’une conférence de presse mardi Evert Van Walsum, directeur du service des Investisseurs.
M. Van Walsum a toutefois indiqué que les investigations "n’avaient pas vu d’exemples d’intervention" des pouvoirs publics allemands envers la BaFin sur ce cas. Le superviseur européen regrette par ailleurs "le manque de coordination et l’inefficacité des échanges" entre la BaFin et l’instance chargée de la première supervision, le Groupe de contrôle de l’information financière (FREP).
La fraude comptable de 1,9 milliard d’euros passée inaperçue
Le FREP, qui a également fait l’objet de ces investigations, s’en sort mieux sur ces points, même si l’Esma lui reproche également de ne pas être allé plus loin dans son examen des comptes de Wirecard entre 2016 et 2018. Dans sa réponse au rapport, la BaFin a rejeté les reproches et recommandations de l’Esma. L’affaire de la fraude comptable de Wirecard a éclaté enjuin quand cet ancien membre du Dax, prestigieux indice boursier des plus grandes entreprises allemandes, a avoué que 1,9 milliard d’euros inscrits dans ses comptes n’existaient pas - entraînant une chute de plus de 98% de son cours de Bourse.
Les superviseurs allemands n’ont pas tenu compte des avertissements
Les superviseurs allemands avaient ignoré auparavant des révélations du Financial Times mettant au jour la fraude sur la base de documents transmis par un lanceur d’alerte. Le fondateur et ancien patron de Wirecard, l’Autrichien Markus Braun, et deux ex-directeurs, sont en détention provisoire pour plusieurs chefs d’accusations, dont celui de fraude. Le gouvernement allemand a présenté début octobre un paquet de mesures visant à renforcer ses règles de surveillance comptable des entreprises, qui accroît notamment les pouvoirs de la BaFin. Une commission d’enquête parlementaire est également en cours à la Chambre basse du parlement allemand.
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