HSBC cède sa filiale HSBC France au fonds Cerberus et doit lui payer, en prime, 1 milliard de dollars
Puisque les taux sont négatifs, pour les banques, c’est désormais le vendeur qui doit payer à l’acheteur la cession de ses actifs. Tout ceci est cohérent, dans ce monde financier, qui marche sur la tête.
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HSBC, son aventure en France, le plus grand naufrage financier qui soit ?
HSBC avait acheté le CCF, rebaptisé HSBC France, pour l’équivalent de 11 milliards d’euros, aujourd’hui la pépite d’hier vaut -1 milliard d’euros. Logiquement pour s’en débarrasser sans mettre la clé sous la porte, et mettre un terme aux 4.000 emplois et 230 agences bancaires, la maison mère va financer 1 milliard d’euros la cession de sa branche française pour la céder au fonds Cerberus. Payer pour s’en débarrasser. Nous en sommes là.
Personne ne peut croire que les 230 agences HSBC resteront ouvertes et que les 4.000 emplois sont sauvés. Mais c’est le deal de la cession. Les banques historiques voient leur valeur baisser d’années en années. Les réseaux d’agences physiques souffrent et la pandémie n’a rien arrangé. Ainsi, d’après les informations publiées par Les Echos, la valorisation des banques françaises se réduit à peau de chagrin :
Société Générale vaut 30% de ses fonds propres,
Crédit Agricole, la moitié de ses fonds propres,
BNP Paribas, la meilleure élève de la classe, seulement 60% de ses fonds propres.
« Le critère de valorisation par agence, qui pouvait être utilisé dans la décennie 2000 sur certains dossiers en France et en Europe du Sud, n’a plus cours aujourd’hui », note Nicolas-David Kersen, responsable du M & A dans les services financiers de KPMG.
À l’inverse, les fintechs sont largement surcotées
Les Fintechs profitent de leur côté de la spéculation des investisseurs. Alors que la majorité d’entre elles peinent à dégager le moindre bénéfice, leurs valorisations deviennent insolentes. Seules les fintechs semblent tirer leur épingle du jeu. En témoignent la néobanque allemande N26 (7 millions d’utilisateurs), valorisée 3,5 milliards de dollars, et la britannique Revolut (10 millions d’utilisateurs), valorisé 5,5 milliards. « Cela revient à une valeur par utilisateur de 500 à 700 dollars, le critère retenu dans ce secteur. Mais comme lors de la bulle tech des années 1999-2000, il n’est pas certain que cette mesure reste pertinente très longtemps, si cette acquisition de clients n’est pas rentabilisée », prévient Nicolas-David Kersen. Certaines banques en ligne peuvent en témoigner. Orange Bank, qui cumule plus de 600 millions de pertes depuis son lancement en 2017, peine à trouver un partenaire. Fidor, racheté 150 millions d’euros la même année par BPCE, et déprécié d’autant dans les comptes 2019, a été recédé à un fonds.
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