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Ce mardi 9 juin 2026, la MIF publie, en partenariat avec Odoxa, la deuxième vague de son baromètre annuel sur le moral des futurs retraités. Réalisée du 3 au 8 avril 2026 auprès de 1 000 actifs de 45 à 64 ans, cette étude met en lumière l’état d’esprit, les comportements d’épargne et le niveau de préparation des Français à l’approche de la retraite.
Chiffres clés
62 % des futurs retraités attendent la retraite avec impatience (+2 pts en un an) et 63 % préféreraient partir le plus tôt possible, même avec de moins bonnes conditions financières
84 % anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat à la retraite, évaluée à 31 % en moyenne
81 % placent la santé au premier rang comme condition d’une « bonne retraite »
71 % ne connaissent pas leur taux de remplacement
70 % épargnent pour préparer leur retraite (+5 pts en un an) et 48 % détiennent une assurance-vie pour préparer leur retraite (+3 pts)
47 % envisagent de travailler au moins à temps partiel une fois à la retraite
Une impatience portée par l’envie de profiter de la retraite en bonne santé
Aujourd’hui, 62 % des actifs de 45 à 64 ans déclarent attendre la retraite avec impatience, soit 2 points de plus qu’en 2025. Un élan qui s’accélère avec l’âge et culmine à 73 % chez les 60-64 ans. Et quand on les pousse à choisir, 63 % se disent prêts à partir le plus tôt possible, quitte à accepter de moins bonnes conditions financières.
Le moteur de cet arbitrage ? La santé. Pour 81 % des futurs retraités, bien vivre sa retraite, signifie avant tout être en bonne santé, loin devant disposer de revenus suffisants (59 %, en recul de 7 points en un an). Partir tant qu’on est encore en forme, pour profiter d’une vie avec plus de temps libre : 89 % voient la retraite comme un nouveau départ, et non comme une fin.
Une aspiration qui se heurte à de fortes incertitudes financières et à un système mal compris
Mais cette impatience avance à contre-courant des réalités financières. 84 % des futurs retraités anticipent une baisse de leur pouvoir d’achat à la retraite, qu’ils évaluent eux-mêmes à 31 % en moyenne. Plus d’un sur deux (52 %) s’attendent à une situation financière moins bonne que celle de leurs parents au même âge.
Et ils avancent souvent à l’aveugle. 54 % déclarent mal comprendre le système de retraite français (+2 pts en un an), et 71 % ignorent leur taux de remplacement. La suspension de la réforme de 2023 n’a rien clarifié : seuls 56 % des futurs retraités en comprennent les implications concrètes, un taux qui ne monte qu’à 63 % parmi les personnes directement concernées, nées entre 1964 et 1968. Les angles morts sont particulièrement criants sur le concret : 54 % se sentent mal informés sur le montant de leur future pension, 60 % sur les contrats à souscrire, 62 % sur les démarches administratives à effectuer.
Face à ces incertitudes, deux voies de réponse : l’épargne et l’activité
Face aux incertitudes, les futurs retraités cherchent avant tout à reprendre la main sur leur avenir.
Premier réflexe : l’épargne. Aujourd’hui, 70 % des 45-64 ans épargnent pour préparer leur retraite, soit une hausse de 5 points en un an. 64 % détiennent au moins un produit dédié (+2 pts). L’assurance-vie reste le placement de référence, détenue par 48 % d’entre eux (+3 pts), tant dis que le PER (23 %) et les produits d’épargne salariale (23 %) continuent de séduire de plus en plus d’actifs. Le PEA progresse également, à 20 % (+2 pts).
Deuxième levier : le maintien d’une activité. Près d’un futur retraité sur deux (47 %) envisage de poursuivre une activité professionnelle au moins à temps partiel après la liquidation de ses droits. Une manière d’assurer un complément de revenus indispensables, faisant du cumul emploi-retraite moins un choix de carrière qu’une nécessité économique perçue.
Cinq visages de futurs retraités : de l’expert sur-préparé au décroché financier
Derrière ces moyennes nationales se cachent des disparités majeures selon le genre et la catégorie socioprofessionnelle. Le baromètre révèle ainsi une véritable fracture patrimoniale : 71 % des hommes détiennent déjà un produit d’épargne retraite, contre seulement 58 % des femmes (un écart de 13 points). De même, la préparation financière reste l’apanage des revenus les plus stables : 86 % des cadres épargnent activement pour leur fin de carrière, contre seulement 64 % des employés et des ouvriers.
Le baromètre tente ainsi de dresser 5 types de futurs retraités selon leurs profils : les Experts (25 %), bien préparés et hauts revenus, les Décrochés (13 %), sans épargne ni préparation engagée. Entre ces deux extrêmes, on retrouve les Improvisateurs (27 %), pressés de partir mais peu préparés, les Ambitieux (18 %), qui optimisent leurs conditions de départ, et les Non-initiés (17 %), proches de la retraite mais peu au fait de ses modalités.
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