ATOS s’enfonce dans la crise : le Président Bertrand Meunier jette l’éponge

ATOS s'enfonce dans la crise : le Président Bertrand Meunier jette l'éponge
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Le groupe français de services informatiques Atos est en pleine crise. Son plan de restructuration et de vente d’actifs est source de conflits en justice avec certains actionnaires. Bertrand Meunier en fait les frais.

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ATOS dans la tourmente

Bertrand Meunier a informé le Conseil d’administration de son souhait de se retirer de ses fonctions de Président et d’Administrateur. Le Comité des Nominations et de la Gouvernance, présidé par Elizabeth Tinkham, administratrice référente, a mené un processus de sélection rigoureux avec l’aide d’un cabinet de recrutement de dirigeants de renom, et a examiné des candidatures à la fois internes et externes.

Bertrand Meunier a déclaré : « Sous ma présidence, la gouvernance d’Atos a été renforcée avec un Conseil d’administration renouvelé, resserré, international et diversifié. Récemment, le Groupe a accueilli un nouveau directeur général et un nouveau directeur financier, à même de poursuivre la transformation du Groupe. Mon engagement dans la transaction globale et transformatrice a toujours été animé par la préservation de l’intérêt social de l’entreprise. Eviden est la seule solution française capable de répondre aux enjeux de souveraineté nationale et européenne. Je suis heureux de céder la Présidence du Groupe à Jean-Pierre Mustier. Son soutien indéfectible m’a été précieux et je sais que l’équipe de Direction pourra compter sur lui pour, ensemble, accompagner le Groupe vers la réussite.  »

Une chute abyssale du titre

Les actions d’Atos, qui vend des solutions technologiques, de cybersécurité et d’analyse aux entreprises, ont chuté de plus de 50 pour cent cette année et ont clôturé vendredi à 4,88 euros, un plus bas historique. Il possède également des actifs d’informatique quantique jugés stratégiques pour l’État français car utilisés dans les programmes de défense.

Cours action ATOS (c) TradingView

Nomination de Jean Pierre Mustier

Lors de sa réunion du 14 octobre 2023, le Conseil d’administration a approuvé à l’unanimité, sur recommandation du Comité de Nomination et de Gouvernance, la nomination de Jean Pierre Mustier en tant que Président non-exécutif et de Laurent Collet-Billon en tant que Vice-Président non-exécutif, avec effet immédiat.

Jean Pierre Mustier est administrateur indépendant du Conseil d’administration du Groupe depuis mai 2023. Depuis sa nomination, il a activement contribué aux travaux du Conseil et de ses comités, en particulier à la Présidence du Comité Ad hoc. Sa riche expérience à la tête de grands groupes français et européens, sa connaissance approfondie de la gouvernance d’entreprise, ses compétences financières et sa compréhension du secteur numérique, constituent de solides atouts pour Atos.

Laurent Collet-Billon est administrateur indépendant au sein du Conseil d’administration du Groupe depuis mai 2023. Ingénieur général de classe exceptionnelle de l’armement et ancien directeur général de la Direction Générale de l’Armement (« DGA »), il apporte une expérience, une expertise et une vision très précieuses notamment dans les secteurs du numérique, de la défense et de la cybersécurité, dans le cadre du plan stratégique du Groupe.

Jean-Pierre Mustier, Président du Conseil d’administration, a déclaré : « Je remercie Bertrand Meunier pour sa contribution au Groupe et me réjouis, avec Laurent Collet-Billon et l’ensemble du Conseil d’administration, de travailler en étroite collaboration avec l’équipe de direction pour poursuivre la transformation du Groupe dans l’intérêt de toutes ses parties prenantes, ses clients, ses employés et ses actionnaires.  »

Des plaintes d’actionnaires

Ce remaniement intervient alors qu’Atos est en pourparlers pour vendre son activité déficitaire connue sous le nom de Tech Foundations au milliardaire tchèque Daniel Křetínský. L’accord permettrait à Křetínský de prendre une participation de 7,5 pour cent dans les activités restantes d’Atos, qui seraient rebaptisées Eviden. Cet arrangement complexe, qui impliquerait également qu’Atos procède à une augmentation de capital de 900 millions d’euros pour consolider son bilan, a été critiqué par plusieurs actionnaires, dont le fonds spéculatif CIAM et l’UDAAC, un groupe de petits actionnaires. Ils ont accusé Atos de fournir des informations insuffisantes sur les aspects financiers de la transaction. Le CIAM a porté plainte, tandis que l’UDAAC a écrit pour demander à l’AMF d’agir. En août, un groupe de sénateurs français s’est également prononcé contre une prise de participation de Křetínský dans Eviden, compte tenu de la nature sensible de sa technologie de supercalculateur. Il est utilisé pour réaliser des travaux pour le programme d’armement nucléaire français. Des proches de Křetínský ont déclaré qu’il était disposé à abandonner cette partie de l’accord et qu’ils avaient écrit une lettre au gouvernement français pour lui faire part de leur position.

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