Un article de blog de la BCE alerte à son tour sur la bulle financière liée à l’IA
La hausse irrationnelle actuelle des marchés actions rappelle la bulle Internet des années 1990. Un article du blog de la BCE rappelle les points de comparaison.

Publié le par
Vous avez tendance à laisser courir vos moins-values latentes, tandis que vous réalisez rapidement vos plus-values ? Ne paniquez pas, nous sommes nombreux dans ce cas. Mais en prenant conscience de ce biais de disposition, documenté parmi les 15 biais comportementaux les plus robustes et pénalisants pour les investisseurs particuliers, vous allez pouvoir améliorer votre gestion de portefeuille. Décryptage.
Le biais de disposition repose sur une combinaison d’aversion aux pertes, de protection de l’image de soi et de comptabilité mentale, et il se traduit concrètement par des ventes prématurées de positions gagnantes et par la conservation prolongée de positions perdantes, avec des effets mesurables et souvent négatifs sur le rendement net, la volatilité et l’efficacité fiscale du portefeuille.
Le biais de disposition est l’un des biais comportementaux les plus robustes observés chez les investisseurs individuels (et, dans une certaine mesure, chez les gestionnaires professionnels). Il désigne la tendance à vendre trop tôt les positions gagnantes et à conserver trop longtemps les positions perdantes. Ce comportement a des conséquences concrètes sur la performance, la volatilité du portefeuille et la gestion du risque. L’effet a été formalisé et étudié dès les années 1980 (Shefrin & Statman, 1985) et quantifié empiriquement par des chercheurs comme Brad Barber et Terrance Odean (1998). Il s’explique en bonne partie par la théorie des perspectives de Kahneman et Tversky (1979), qui montre que les pertes sont ressenties environ deux fois plus fortement que des gains de même ampleur.
En finance comportementale, de nombreux biais existeraient, plus de 30 ! Tous ne sont pas prouvés, ni suffisamment documentés par des études psychologiques sérieuses. Toutefois, il existe aujourd’hui un assez large consensus sur un noyau de biais bien documentés ? Sur les 37 biais identifiés, seuls 15 biais sont démontrés par des enquêtes approfondies. Une revue académique de référence dans l’Annual Review of Financial Economics souligne ces biais lesp lus fréquents dont le biais de confirmation, le comportement grégaire, l’excès de confiance et de la dépendance à un point de référence.
| Biais | Mécanisme | Conséquence typique pour l’investisseur |
|---|---|---|
| Aversion aux pertes | Une perte psychologique « pèse » davantage qu’un gain équivalent | Refus de vendre une position perdante |
| Effet de disposition | Tendance à vendre les gagnants trop tôt et conserver les perdants | Mauvaise gestion du portefeuille |
| Excès de confiance | Surestimation de ses compétences ou de la qualité de son information | Trading excessif et prise de risque |
| Ancrage | Fixation excessive sur un chiffre ou un prix de référence | « J’attendrai que l’action revienne à mon prix d’achat » |
| Comportement grégaire | Imitation des autres investisseurs | Achat pendant les bulles, vente pendant les paniques |
| Biais de confirmation | Recherche d’informations qui confirment une opinion existante | Refus de revoir une thèse d’investissement |
| Biais de représentativité | Extrapolation abusive du passé | « Cette action a beaucoup monté, donc elle va continuer » |
| Biais de disponibilité | Surestimation de ce qui vient facilement à l’esprit | Investir après avoir vu un sujet partout dans les médias |
| Comptabilité mentale | Traitement séparé de sommes pourtant économiquement interchangeables | Gestion irrationnelle du patrimoine global |
| Aversion au regret | Volonté d’éviter la responsabilité psychologique d’une erreur | Immobilisme ou décisions défensives |
| Biais du statu quo | Préférence excessive pour la situation actuelle | Portefeuille jamais rééquilibré |
| Effet de cadrage | Décision influencée par la manière dont l’information est présentée | Même produit jugé différemment selon la présentation |
| Effet de dotation | Tendance à surévaluer ce que l’on possède déjà | Difficulté à vendre un actif détenu |
| Biais rétrospectif | Après un événement, impression qu’il était prévisible | Illusion de compréhension et excès de confiance futur |
| FOMO | Peur de manquer une opportunité | Achat tardif d’actifs déjà fortement haussiers |
e biais de disposition est l’un des réflexes comportementaux les plus répandus chez les investisseurs particuliers et professionnels, et son impact sur la performance des portefeuilles peut être quantifié de manière surprenante lorsque l’on regarde des exemples chiffrés concrets. Ce biais se manifeste par la tendance à vendre trop tôt les titres qui ont augmenté et à conserver trop longtemps ceux qui ont baissé, une asymétrie qui puise sa racine dans l’aversion aux pertes mise en lumière par Daniel Kahneman et Amos Tversky dans la théorie des perspectives : une perte ressentie est environ deux fois plus douloureuse qu’un gain équivalent n’est agréable. Pour rendre la chose évidente, imaginons une première position achetée à 100 euros qui monte à 118 euros et que l’on revend par peur d’un retournement ; le gain réalisé est de 18 %. Si, douze mois plus tard, le titre atteint 158 euros, la performance totale disponible depuis l’achat aurait été de +58 % et l’investisseur a donc manqué un supplément de 40 points de pourcentage par rapport à ce qu’il aurait pu obtenir en conservant la position. Inversement, si une action achetée à 100 euros tombe initialement à 85 euros et que l’investisseur refuse de vendre en espérant un rebond, la position affichera une perte latente de -15 % ; si la baisse se poursuit et que le cours redescend à 62 euros un an plus tard, la perte finale passe à -38 %, soit une dégradation supplémentaire de 23 points par rapport à la perte initiale. Ces deux exemples simples illustrent le cœur du problème : le comportement émotionnel conduit à cristalliser des gains modestes et à laisser s’aggraver des pertes.
Sur le plan psychologique, trois mécanismes s’imbriquent pour produire ce résultat. L’aversion aux pertes rend supportable une perte tant qu’elle reste « théorique », ce qui pousse à différer la vente d’un actif en perte pour éviter la douleur immédiate de la réalisation. Le besoin d’avoir eu raison, ou la volonté de préserver l’image de soi, amène l’investisseur à conserver une position perdante dans l’espoir que le marché finit par valider sa décision initiale, au détriment d’un arbitrage rationnel. Enfin, la comptabilité mentale conduit à évaluer chaque position isolément par rapport à son prix d’achat plutôt que dans le contexte global du portefeuille, si bien qu’un titre peut être maintenu alors qu’il creuse la perte du portefeuille, simplement parce qu’il n’a pas encore franchi « le point millésime » du prix d’achat dans l’esprit de l’investisseur.
Les conséquences chiffrées pour la performance et le risque sont faciles à mesurer si l’on agrège ces comportements. Supposons un portefeuille de dix titres acheté en novembre à 100 euros chacun ; cinq titres deviennent des gagnants qui grimpent en moyenne de 20 % sur six mois et cinq deviennent des perdants qui reculent en moyenne de 10 %. Si l’investisseur vend immédiatement les cinq gagnants pour sécuriser +20 % et conserve les cinq perdants en espérant un redressement, le portefeuille réalisé captera +100 euros de gains (5 × 20 euros) mais restera exposé à une perte latente de -50 euros (5 × 10 euros), sans compter que les perdants peuvent empirer. Si, au contraire, l’investisseur avait conservé les gagnants qui auraient pu, grâce à un momentum ou une reprise sectorielle, atteindre +50 % sur une année, la valeur additionnelle disponible aurait été de 150 euros supplémentaires sur les cinq titres gagnants, soit une différence substantielle de rendement cumulatif. De même, laisser traîner des perdants peut entraîner des frais de transaction plus élevés et des implications fiscales défavorables : réaliser tôt des gains peut déclencher un impôt significatif sur les plus-values, alors que retarder la vente des perdants peut empêcher l’exploitation d’une perte fiscalement déductible ; ainsi, la mauvaise gestion temporelle des ventes érode le rendement net après impôts.
Dans la littérature financière, ce biais se mesure à l’aide d’indicateurs tels que la proportion de gains réalisés (PGR) et la proportion de pertes réalisées (PLR) : si un groupe d’investisseurs a une PGR nettement supérieure à sa PLR, cela signale un biais de disposition. À titre d’exemple chiffré empirique, si un échantillon montre que 35 % des opportunités de gains sont réalisées (PGR = 0,35) tandis que seulement 15 % des opportunités de pertes sont concrétisées (PLR = 0,15), la différence de 0,20 révèle une propension marquée à vendre les positions gagnantes et à conserver les perdantes. Cette asymétrie n’est pas sans effet sur le rendement médian des investisseurs individuels : de nombreuses études montrent que la rotation fréquente des titres gagnants et la persistance des perdants réduisent le rendement ajusté au risque par rapport à une stratégie de rééquilibrage mécanique ou à un indice de référence.
Pour comprendre l’impact en termes d’espérance de gain, on peut raisonner avec un exemple probabiliste simple : si une position a 60 % de chances de générer un gain de 30 % et 40 % de chances de subir une perte de 20 %, l’espérance de rendement est 0,6 × 30 % + 0,4 × (−20 %) = 10 %. Or, le biais de disposition pousse souvent l’investisseur à clore les positions gagnantes dès qu’elles atteignent 10 % puis à conserver les positions perdantes qui plongent plus tard ; en pratique, cela aboutit à transformer une espérance positive en rendement réalisé bien moindre que prévu à cause d’un mauvais timing de sortie et du renforcement des pertes. De surcroît, en présence d’aversion aux pertes de coefficient approximatif 2, un investisseur nécessitera environ deux fois la taille d’un gain attendu pour accepter le risque d’une perte, ce qui fausse la calibration des stop-loss et des objectifs de prise de profit.
Les moyens pour réduire l’impact de ce biais peuvent aussi être articulés de façon pragmatique et chiffrée. L’adoption de règles de gestion préalablement définies, comme fixer un objectif de prise de profit à +25 % et un stop-loss à −15 % pour chaque nouvelle position, permet de neutraliser la tentation émotionnelle ; sur un échantillon de 100 trades appliquant ces règles, on pourra mesurer objectivement si la stratégie augmente le rendement net et réduit la volatilité réalisée. La pratique systématique du rééquilibrage périodique du portefeuille, par exemple semestriel, force à vendre proportionnellement les positions surpondérées (souvent les gagnantes) et à acheter les sous-pondérées (souvent les perdantes), transformant ainsi le réflexe de vendre les gagnants tôt en discipline de vente mécanique. L’usage de listes de contrôle, de journaux de trading où l’on consigne le motif d’achat et le plan de sortie, ou le recours à des ordres à seuil préprogrammés limitent l’influence de l’ego au moment de la décision. Enfin, l’externalisation partielle à des conseillers objectifs ou à des algorithmes qui suivent des règles prédéfinies peut atténuer l’effet émotionnel, même si cela implique des frais de gestion qu’il faut intégrer dans l’analyse coûts/avantages.
Il est important de noter que toutes les ventes précoces de gains ne sont pas forcément mauvaises et que toutes les conservations de pertes ne sont pas forcément irrationnelles ; vendre un gagnant pour financer une opportunité à plus forte espérance de rendement ou conserver un titre en perte parce que les fondamentaux restent solides et que l’horizon d’investissement est long peuvent être des décisions judicieuses. Le problème survient quand le motif principal de la décision est émotionnel plutôt qu’analytique. En pratique, transformer la connaissance du biais en règles opératoires chiffrées - par exemple en mesurant régulièrement la PGR et la PLR de ses propres transactions, en calculant l’effet des réalisations de gains/pertes sur le rendement net et l’impôt, et en testant sur un sous-échantillon l’efficacité d’un rééquilibrage automatique - est la voie la plus pragmatique pour limiter son coût.
Des mesures simples et chiffrées - règles de sortie prédéfinies, rééquilibrage systématique, suivi des indicateurs PGR/PLR et recours à des mécanismes automatiques - permettent de convertir une faiblesse comportementale en un avantage stratégique, et il est recommandé d’expérimenter ces outils sur de petits échantillons avant de les généraliser à l’ensemble de ses avoirs. Si vous le souhaitez, je peux simuler avec vos propres chiffres l’impact d’un rééquilibrage périodique versus la gestion émotionnelle, ou calculer pour vos transactions passées la PGR et la PLR afin d’évaluer l’ampleur de ce biais dans votre pratique.
La hausse irrationnelle actuelle des marchés actions rappelle la bulle Internet des années 1990. Un article du blog de la BCE rappelle les points de comparaison.
Alors que les indices actions américains sont toujours à des niveaux élevés, les craintes d’un fort repli s’accumulent sur fond de hausse des taux de marché et de baisse de la consommation.
Le courtier en placements et investissements Ramify met un terme à son offre d’investissements en cryptos.
A ne pas confondre avec les PERP (épargne retraite), les PERPs n’ont rien de placement tranquille pour votre retraite, c’est tout le contraire. Ce sont des produits dérivés hautement risqués, (...)
Les ETF actifs ont le vent en poupe, plus particulièrement sur le marché obligataire, pour lequel une expertise humaine est pertinente. Amundi étoffe sa gamme et lance deux nouveaux ETF actifs (...)
Quand une société produisant de puces de mémoire vend ses produits avec plus de 85% de marge brute, l’on peut supposer que ses clients dilapident consciemment leur cash. C’est irrationnel. Des (...)