La Bourse de Paris s’enfonce à nouveau, submergée par les craintes commerciales (-1,93%)
La Bourse de Paris a clôturé en net recul jeudi (-1,93%), se laissant à nouveau submerger par les craintes engendrées par le durcissement du conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis.
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La Bourse de Paris s’enfonce à nouveau, submergée par les craintes commerciales (-1,93%)
L’indice CAC 40 a perdu 104,43 points à 5.313,16 points, dans un volume d’échanges étoffé de 3,9 milliards d’euros. La veille, il avait progressé de 0,40%.
La cote parisienne a piqué du nez dès l’ouverture et encore accentué ses pertes dans l’après-midi, perdant même brièvement plus de 2% quelques minutes avant de fermer ses portes.
"Depuis le début de la semaine, les tensions commerciales sino-américaines font peur aux marchés", a résumé auprès de l’AFP Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale de Oddo BHF Securities.
"La volatilité refait ainsi surface depuis quatre jours et cela engendre du coup des prises de profits sur un marché qui est monté d’une traite depuis janvier", a-t-il complété.
Les Etats-Unis et la Chine se retrouvent jeudi à Washington pour des négociations commerciales sous haute tension et à l’issue des plus incertaines, les deux puissances se menaçant mutuellement de nouvelles mesures protectionnistes.
Le président américain a annoncé que la hausse des droits de douane portant sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, suspendue depuis début janvier, allait entrer en vigueur vendredi au motif que Pékin n’a pas respecté ses principaux engagements pour mettre fin auxpratiques qu’il dénonce.
L’administration chinoise a prévenu qu’elle n’aurait "guère d’autre choix que de prendre les contre-mesures nécessaires" si les droits de douane supplémentaires entraient en application. Mais la venue du vice-Premier ministre chinois Liu He pour diriger les discussions bilatérales face à son homologue américain Robert Lighthizer a été maintenue.
Bercés ces dernières semaines par l’espoir d’un accord, les marchés accusent le coup depuis que la situation s’est envenimée.
Dans ce contexte, "les valeurs les plus défensives et les moins sensibles au commerce international sont celles qui résistent le mieux. En revanche les titres les plus cycliques, liés aux matières premières, à l’automobile, aux technologies ou au luxe souffrent le plus", a détaille M. Jacoby.
Les statistiques du jour n’ont pas changé ladonne. L’indice des prix à la consommation a de nouveau augmenté le mois dernier en Chine, touchant son niveau le plus haut depuis six mois.
Outre-Atlantique les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis ont légèrement reculé.
Le déficit commercial des Etats-Unis a augmenté moins que prévu en mars et le déficit des biens avec la Chine, au coeur d’âpres négociations commerciales, a nettement baissé pour tomber à son plus bas niveau depuis trois ans.
– ArcelorMittal plus forte baisse -
Sur le terrain des valeurs, ArcelorMittal a enregistré la plus forte baisse de l’indice CAC 40, perdant 6,09% à 16,69 euros, après l’annonce d’un bénéfice net divisé par presque trois sur un an au premier trimestre, pénalisé par des prix de vente de l’acier en baisse.
Le numéro un mondial de l’acier et géant minier aaussi souffert comme le reste du secteur de son exposition à l’économie chinoise en pleines tensions commerciales. Eramet a également baissé de 5,05% à 54,52 euros et Aperam de 5,11% à 23,75 euros.
Les titres automobiles n’ont pas été épargnée. Valeo s’est enfoncé de 4,51% à 28,59 euros, tout comme Faurecia , Plastic Omnium (-4,14% à 23,62 euros), Peugeot (-2,48% à 21,24 euros) ou encore Renault (-3,12% à 56,21 euros).
Le luxe a aussi été pénalisé, à l’instar de Kering (-2,73% à 501,60 euros) ou LVMH (-2,28% à 331,85 euros) toutcomme les valeurs technologiques, STMicroelctronics reculant de 5,01% à 14,78 euros.
Seuls Sanofi (+0,16% à 73,38 euros) et Sodexo (+0,05% à 100,30 euros) ont réussi à finir dans le vert.
Casino a cédé 2,55% à 33,63 euros, le distributeur disant examiner "ses différentes options stratégiques" en Amérique latine après des informations de presse faisant état d’un possible regroupement de ses différents actifs dans la région.
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