Sans surprise, les investisseurs demandent désormais davantage de rémunération pour la dette française, les taux grimpent, le seuil psychologique des 4.5% de nouveau franchi sur l’horizon de 30 ans. Une première depuis 2011.
Lucya CNP, sans frais sur les versements, des frais de gestion de 0.30% seulement sur les unités de compte, ETF éligibles sans frais de transaction. Jusqu’à 5.05% de rendement sur la part investie sur le fonds euros CNP Lucya Euro B en 2026 et 2027 (sous conditions).
Craintes sur l’ensemble des dettes européennes
Les incertitudes en France entraînent également des effets sur les dettes à long terme en Europe. En Allemagne, le rendement des emprunts obligataires à 30 ans se situe à près de 3,40%, autour de son plus haut niveau depuis la crise de la zone euro en 2011. Au Royaume-Uni, le taux d’emprunt à 30 ans évoluait quant à lui à son plus haut niveau depuis 1998, à 5,69%.
Crainte de dégradation de la dette française
Les investisseurs, les fonds de pension, ainsi que certains assureurs devront vendre leurs obligations portant sur la dette française dans les semaines à venir, en cas de dégradation de la dette tricolore par Standard & Poor’s de AA à A dès le 12 septembre prochain. Ces "obligations de vente" sont réglementaires, afin de respecter leur exposition globale aux risques. La France n’aura d’autre choix que d’augmenter le taux de rémunération de sa dette afin de séduire les investisseurs.
Retour au niveau de la crise des subprimes
Le rendement de l’obligation française à échéance 30 ans a dépassé les 4,50% ce mardi pour la première fois depuis 2009, dans le sillage de la crise financière des subprimes. Le taux grimpe depuis lundi, où il s’établissait à 4,42%, alors qu’il apparaît de plus en plus probable que le gouvernement de François Bayrou n’obtiendra pas de majorité le 8 septembre, lors du vote des députés qu’il a sollicité.
OAT 10 ans
De son côté, les oat 10 ans s’établit à plus de 3,58%. S’il avait brièvement atteint ces altitudes en mars dernier, il faut sinon remonter à 2011, au plus fort de la crise des dettes souveraines en Europe pour retrouver des taux de ce niveau-là. Il grimpe aussi depuis plusieurs jours, se rapprochant de celui de l’Italie, longtemps considérée comme mauvais élève budgétaire de l’Europe. Les investisseurs investissent sur la dette court terme et vendent la dette long terme, anticipant une forte hausse des taux d’intérêts.
Possible crise financière
Cette hausse est "un signe très négatif de défiance" des investisseurs envers la France, explique Aurélien Buffault, gérant obligataire de Delubac AM interrogé par l’AFP. Ces derniers "craignent qu’une nouvelle paralysie politique ne rende une rigueur budgétaire plus difficile, ce qui est inquiétant compte tenu du niveau actuel du déficit français", note Jim Reid, économiste chez Deutsche Bank.
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